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Francis KERN, de la construction de boîtes-objets à la peinture et la sculpture...

Les Boites de Kern sont jalonnées de symboles, fragments d’une vie passée auxquels il insuffle une vie nouvelle. Dans sa suite de 14 stations "son chemin de terre", c’est avec quelques objets simples fragments de manuscrits, pieux rongés par le temps et autres monogrammes brodés qu’il nous raconte les diverses étapes d’une vie, avec beaucoup de retenue mais avec une sérénité et une émotion rare, et qu’il communique au spectateur, sans l’agresser, sans violence grâce à des signes touchants, bouleversants qui nous révèlent sa sensibilité...

Extrait Paul S. Picard pour l’exposition à la galerie Jade – Colmar

La poésie en boîte

On peut la mettre en boite, la poésie ne s’en vexe jamais.

Deux spécialistes du genre, deux artistes ayant contribué à donner ses lettres de noblesse à cette approche artistique me viennent à l’esprit : Louis Pons et Ronan-Jim Sévellec, chacun oeuvrant dans des manières très différentes, chacun alliant sens et esthétique.

A leur suite, Francis Kern s’inscrit dans cette savoureuse façon de condenser le réel. Son art à double détente marie de front la peinture et l’objet, en une écriture singulière et immédiatement identifiable. Il enserre l’une et l’autre dans une boite rectangulaire, la plupart du temps partagée en deux zones, avec une partie haute et une partie basse, dans une démarche moins conceptuelle que délibérément sensible.

La peinture, qui joue sur l’opposition des tons, le plus souvent dans la gamme des bleus, crée une toile de fond sur laquelle l’imaginaire de l’artiste vient poser les bases d’un dialogue entre la lumière et la matière. S’enchâssent dans ce préalable, parfois éclairé de lettres ou de mots, de véritables reliques du monde tangible. Des reliures, des coupes en verre, des écheveaux de fils, des bouts de bois colorés aux formes géométriques, des pinceaux, et même des maquettes de bateaux, prennent place et enrichissent la mise en page d’une oeuvre aux mille ramifications. Car l’art de Francis Kern s’appuie sur un paradoxe jouissif : créer au sein de ces boites, non pas les conditions d’un encloisonnement, mais bien au contraire celles d’une émancipation. S’aventurer au coeur de ce travail, c’est en sortir bientôt par la voie de complexes associations de formes et d’idées, c’est s’inspirer du visible pour mieux s’en affranchir.

Se dévoile à mesure qu’on y laisse errer le regard, un univers à trois dimensions qui en contient en filigrane une quatrième, apte à insuffler à l’esprit de celui qui s’en imprègne l’envie de s’extirper de la pesanteur de ce monde. La poésie en est le carburant fondamental, celui qui permet telle envolée.

Par l’association d’éléments divers, de différente facture, par l’adjonction de camaïeux envoûtants et abstraits, l’artiste amalgame en un espace fermé des bribes de récits qui, en se superposant, en s’enchevêtrant, créent un lieu des possibles au sein duquel chaque regardeur trouvera matière à rêver ou à s’interroger. Ce n’est pas le moindre atout de ces objets peints, contenant eux-mêmes d’autres objets, de susciter autant de plaisir esthétique que de questionnement existentiel. Une double résonance qui renvoie chacun à sa propre sensibilité au réel.

Les titres des oeuvres, Mes lettres perdues, Histoire d’une amitié ou Le Jour d’avant apportent quelques indices que l’on s’appropriera ou non. La vérité de ce travail, je le répète, est de ne pas nous encloisonner dans un prédéfini qu’il faudrait doctement remâcher, mais de nous laisser fantaisie d’errer à notre guise. Boîtes noires de nos consciences, boîtes aux lettres de nos aspirations, boites à double ou triple fond, boîtes à malices, boîtes à mystères, ces créations recèlent d’abondance de subtils déclencheurs d’émotions, inattendus et jubilatoires. Qu’on se le dise, lorsque Francis Kern la met en boîte, la poésie, loin de s’en offusquer, y voit matière à se sublimer.

Ludovic Duhamel – critique d’art – Rédacteur en chef du magazine Miroir de l’Art

Francis Kern avec Yannis Markantonakis

Art Karlsruhe 2019 - galerie GNG

Séance de dédicaces de ‘’ La Poésie en Boites’’ préfacé par Ludovic Duhamel de la Revue Miroir de l’Art

Moment de complicité avec Marc Perez

Avec René Réthoré de la Galerie DUCHOZE – Rouen

"Ne recherche pas qui tu es, tu t’en éloigneras. Reste ouvert, cela ouvre à tout."

Revue de presse

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Perspectives 85/4 : Francis Kern

Erst der Wein, dann die Kunst

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2021
Art Karlsruhe 2019

Art Karlsruhe 2019